Zones d’attraction

10 Mars 2009

Nous ne cherchons pas d’unification mais une multiplication d’implications, la recherche d’une transversalité commune et enrichie.

Zone attractive, catalysatrice, analyseur de notre propre désir de rencontres et d’écriture collective.

Nous ne cherchons pas l’interdisciplinarité pour présenter ce qui serait un ensemble démocratique mais notre volonté est de faire communiquer différents points de vue, en nous, entre nous. On pense la complémentarité car nous savons déjà que nous sommes déjà plusieurs.

La volonté d’ouverture de nouveaux espaces ne signifie pas la volonté de signifier mais de dessiner de nouveaux possibles.

La posture critique, l’analyse des discours ne doit pas être synonyme de désengagement, ça doit être exactement le contraire !

« Une personne qui rêve toute seule, rêve. Plusieurs personnes qui rêvent ensemble, c’est la réalité qui commence. »

La mort qui vient de dedans, c’est odieux comme nous le rappelle Deleuze, il n’y a rien de pire. Notre désir en tant qu’il est créateur de processus.

26 avril 2008

Mieux vaut un animal littéraire qu’un animal domestique.

Qui sait marcher ignore la ligne droite.

Notre sol sera la confiance au présent.

Quel cou !

Sortir des analyses descriptives ; actualiser, c’est aussi choisir son camp !

Le grand débat sur les sophistes : technocrates opportunistes valets du néo-libéralisme ou autre chose ? Tout dépend de la fiction que l’on se donne. 

Saturons les traces !

Il ne faut pas confondre excitation et désir !

17 avril 2008

Un morceau de musique peut provoquer la même extase qu’une drogue. Une mise en scène, une scène dans une rue du quartier. 

1er juin 2007

…lever de rideau… ...une marche tendue entre ciel et terre.....on se demande où frapper, quoi viser...nous sommes cernés par les cibles...nés K.O, certes...mais ni les ruines ni la solitude ne sont des maladies honteuses...une constellation, à l’altitude, se dessine à mesure qu’un sol se créé sous nos pas...résidus…irréductibles…tout un peuple de fragments qu’on assemble pour frapper l’adversaire…ce sont des intensités qui se connectent jusqu’à explosion…et la géographie mentale des sentiments politiques projette droit devant nous la carte du présent…l’espérance du progrès est barrée…celle des bifurcations agite les ombres dans la nuit où nous sommes…aucun destin ne nous retient en arrière, on parie sur des chocs, on écoute les bruits que fait le chaos…les raisons de se révolter se multiplient…retrouver le sens du poing tendu…éclairé par les étoiles…voilà…nos lumières…la terre des naufragés se recrée, au bout du courage de se révolter…de la frappe du politique… 

7 novembre 2004,

La bêtise humaine se matérialise dans des formes finies et donne une expression de l’infini.

La contradiction humaine supérieure réside dans le fait de chercher partout l’absolu même s‘il n’y a que du relatif.

Ne pas accepter de tout dire mais créer l’espace d’un parler pour parler.

Que ceux qui pensent que nous voulons réintroduire l’idée du salto mortale se détrompent.

25 octobre 2004

On est pour le jeu, pas pour les joueurs.

Est-ce possible de faire comprendre à un culturaliste que l’universel n’est pas irrémédiablement synonyme d’impérialisme ? 

Affirmer sa singularité, toujours dans l’idée de l’ouvert. L’avenir de la pensée se situe dans l’articulation de la singularité et de la critique. 

Le mythe est autre chose qu’une simple affaire de croyance. Il faut revoir Les statues d’Alain Resnais et de Chris Marker pour ne pas oublier que l’universel est d’abord circulation. 

L’histoire doit aussi se tourner vers l’écriture inscrite sur les corps et dans la chair des hommes. Quand finira-t-on par reconnaître une mémoire au corps ?

Il y a des langues mortes et des langues vivantes. Il y a des danses vivantes et des danses mortes. Aujourd’hui il y a le tango. Quelle joie de sentir qu’on participe à la formation, à la déformation d’un langage commun !

C’est l’écriture qui reste, pas l’acte d’écrire. Mais sans passage à l’acte, jamais d’écriture. 

Il y a des langues mortes et des langues vivantes. Il y a des danses vivantes et des danses mortes. Aujourd’hui il y a le tango. Quelle joie de sentir qu’on participe à la formation, à la déformation d’un langage commun !

C’est l’écriture qui reste, pas l’acte d’écrire. Mais sans passage à l’acte, jamais d’écriture. 

Les résidus nous rappellent qu’il y a eu événement.

« Chacun peut faire ce qu’il veut, peut croire ce qu’il veut, peut montrer ce qu’il veut, recevoir ce qu’il veut… » Et après, qu’est ce qu’on fait ? Qu’en est-il du commun ? Par ces principes, on n’est assemblée ni par sympathie ni par symphilosophie.

Ce qu’on identifie comme art au passé, c’est au présent autre chose que de l’art : forme de vie, mode de la communauté, forme de la sensibilité, et même manifestation de la mystique.

31 octobre 2004

Selon Badiou, la philosophie s’est suturée au cours de son histoire. Mais alors, d’où vient qu’aucun philosophe ne porte de cicatrice ? 

Pourquoi le désoeuvrement requiert-il la littérature et non la musique ? Peut-être à cause de la complicité de la musique avec la fête. Qui osera nous annoncer un désoeuvrement de la fête ? 

Les rites par lesquels nous honorons les morts et ceux par lesquels nous honorons les œuvres sont-ils bien distincts ? Ce souci ne doit pas nous quitter. 

Si en ouvrant un livre tu as le sentiment de profaner une tombe, alors il te faut prendre un autre livre.

27 octobre 2004

Aucun de ceux qui sont pris dans le mythe de l’illusion spéculative ne peuvent être romantiques.

Pourquoi les philosophes veulent-ils jouer aux gestionnaires de la pensée ?

Il ne fait aucun doute que Rancière croit en la valeur des mots. 

Les effets d’un événement n’existent que par la puissance des résidus qui continuent à se faire entendre. Il faut juste apprendre à écouter. 

Singularité et critique sont les conditions d’une pensée romantique.

On accuse la volonté de mythe d’être totalitaire en donnant une définition totalitaire du mythe.

La communauté désœuvrée : annoncer la mort de l’œuvre pour pouvoir toujours la ressusciter ? 

Jeter l’œuvre par la porte pour qu’elle surgisse de nouveau par la fenêtre.

Il suffirait d’accueillir l’être en commun pour faire communauté. De quelle communauté s’agit-il ? Du vent qui passe ? 

Si la communauté est conçue comme principe premier, elle ne peut plus être désirée, elle est toujours là. Il n’y a alors rien à attendre d’elle en soi.

Il fallait vivre à notre époque pour se rendre compte qu’idéalisme et volonté doivent être intimement liés. 

La destruction de la symbolicité ne doit pas nous laisser insensibles, elle doit être l’objet de notre révolte. 

Une communauté inavouable, inavouée, désoeuvrée désoeuvrante.

23 octobre 2004

Si l’on exclut toutes les intraphilosophies de la philosophie, comme nous induit à le faire Alain Badiou, on serait en droit de se demander : que reste-t-il à la philosophie… 

L’intensité finira par achever l’idée d’éternité !

Exiger, ici et maintenant, l’éternité éphémère.

Retrouver le présent qui fait si peur à notre époque frileuse.

Rancière énonce que le nouveau mode de l’éternité est de passer. N’y a-t-il pas toujours eu de l’éternité dans le passage ? 

Ça parle très bien dans la symphilosophie.

S’agit-il d’évaluer notre langage dans son expressivité, d’évaluer le propre de chaque art ou de travailler au mélange, à l’abolition des frontières entre les arts ? La symphilosophie aujourd’hui doit s’attacher à connecter entres-elles les empreintes du monde.

La révolution esthétique accomplie au XVIIIe siècle par les Allemands a fait plus pour les femmes dans l’égalité des droits que la révolution politique française. 

Que deviendra cette personne, de dire comme Georges Sand : j’aime mieux le mal que vous me faîtes, plutôt que le bien que me font les autres ? 

Olympe de Gouge, Mme de Staël, Rahel Levin, Georges Sand.

Ressusciter chaque jour ne nous a jamais empêchés d’entrevoir le présent.

Robespierre était contre la peine de mort.

Il faut revenir à la critique romantique, c’est-à-dire à la lecture. 

La danse serait-elle soumise au poème ?

Le poème doit-il faire œuvre ? Requiert-il la philosophie, ne serait-ce que pour être nommé ?  

Rancière pourrait faire comprendre à Badiou que l’éternité ne fait que passer. Mais Badiou pourrait-il entendre que Dieu est vraiment achevé ? 

La décharge électrique sur notre corps convoque notre esprit, immédiatement.

Il s’agit de retrouver, en nous-même et par nous-même ce qui éveille ce type de pensée. Saisir immédiatement l’éternité contre le post-modernisme. 

La consommation et la nourriture terrestre sont deux choses bien distinctes. Les sensations, les sentiments, le désir sont, malgré ce que l’on veut nous faire croire, inépuisables. Le poème est en nous. 

Il s’agit de se réapproprier, de conquérir le pouvoir de saisir l’immédiateté. 

Soyons les acteurs du présent. Comme nous dit Henri Michaux : tu laisses quelqu’un nager en toi, aménager en toi, faire du plâtre en toi. Et tu veux encore être toi-même !

22 octobre 2004

Etiquette pour mieux ranger, sinon que faire de cette infinité de singularités ? Le seul problème, c’est qu’en rangeant trop rapidement les individus et les œuvres dans des paquets, on perd à jamais le possible d’une connexion d’hétérogènes qui permettrait constellations, sens, chemins…

15 octobre 2004

Au présent, la communauté sent le souffre. L’opinion des derniers jours la rabat sur le thème journalistique du communautarisme, et sa proximité sémantique au motif communiste semble en interdire toujours plus l’accès. Jean-Luc Nancy a produit par son livre La communauté désoeuvrée un véritable symptôme du rapport entretenu par notre époque à cette odeur sulfureuse. Tout en posant dès le départ, paraphrasant Sartre, que le communisme est la question indépassable de notre temps, Nancy construit tout son ouvrage comme une dette payée à cette utopie déçue. Le souvenir de la Shoah semble d’un autre côté conditionner assez largement le ton d’ensemble de l’ouvrage. Finalement, en le refermant, le sentiment nous gagne que le siècle passé fut bien cette catastrophe dont parlent les livres d’histoire, et qui des camps d’Auschwitz à ceux de la Kolyma fut plus encore que l’exploitation de l’homme par l’homme celui de son interminable et patiente destruction.

Le désoeuvrement de la communauté peut se comprendre comme la prise en charge, dans l’ordre du concept, de cet anéantissement. Il s’agit de déjouer d’emblée le retour de la catastrophe, identifiée aux formes fusionnelles de la communion totalitaire. Le mythe, principe organisateur notable de ce désastre, est l’ennemi désigné ; le romantisme, et à travers lui l’utopie, épinglé comme ayant porté les germes de la descente aux enfers. La communauté désoeuvrée sera, pour reprendre le titre du texte consacré par Blanchot à Nancy, inavouable : sans concept, sans propriété, sans substance, ineffable en somme. C’est à ce prix seulement que le resurgissement du traumatisme sera écarté.

Cette thérapie de choc prescrite aux utopistes un peu trop rêveurs continue à sa manière de véhiculer l’impact de la deuxième Critique de Kant sur les travailleurs de la philosophie française des dernières décennies. L’interdit persiste d’une présentation de la Loi dans le sensible. Tout désir de provoquer une telle présentation, est considéré comme une transgression des limites posées par la critique de la connaissance et un pas en direction du fanatisme. La seule communauté à revendiquer est donc non pas celle dont, ici ou là il est possible de faire l’épreuve, mais celle dont la réalisation empirique est impossible, et dont seule la pensabilité doit apparaître : autrement dit un règne des fins, une Idée de la Raison pratique. Toutefois, n’oublions pas qu’il n’est sans doute pas de plus grave contresens à faire sur la morale kantienne que de croire qu’elle serait indifférente à sa réalisation. C’est donc la littérature dans son infini déploiement qui chez Nancy fait le pont entre notre finitude et le supra-sensible. L’impératif littéraire remplace l’impératif catégorique. L’écriture prescrit d’observer le silence ; nous dit : « chut ! ».