Zones d'attraction http://www.zonesdattraction.org/ Le site de Zones d'attraction est un chantier, un laboratoire, une installation de pièces, un montage de résidus et de fragments, où se montre la totalité d'un projet de congruence électrique ; textes achevés ou interminables, interventions et flâneries par-delà le virtuel contrôlé, tissus reliant le virtuel au réel, sur l'écran-page ou en trois dimensions. Bonne flânerie dans les zones ! fr SPIP - www.spip.net Ballroom Pounchd 2011 - 15/29 mai au Lavoir Moderne Parisien http://zonesdattraction.org/spip.php?article89 http://zonesdattraction.org/spip.php?article89 2011-05-09T16:43:22Z text/html fr Zones d'attraction Le ballroom pounchd est un événement protéiforme qui à lieu pour la deuxième fois au Lavoir Moderne Parisien. Totalement non lucratif ce projet rassemble des artistes européens et d'autres moins identifiables, autour d'un désir commun de créer un événement qui questionne le vivre ensemble, la normalisation des événements culturels. Nous nous organisons autour d'un axe sans objet. De l'idée de fabriquer un pont entre poésie et réalité. œuvre collective, poème physique qui s'élabore. pendant deux semaines (...) - <a href="/spip_rubrique5_.html" rel="directory">Zone 4</a> <div class='rss_texte'><p>Le ballroom pounchd est un événement protéiforme qui à lieu pour la deuxième fois au Lavoir Moderne Parisien. Totalement non lucratif ce projet rassemble des artistes européens et d'autres moins identifiables, autour d'un désir commun de créer un événement qui questionne le vivre ensemble, la normalisation des événements culturels.</p> <p>Nous nous organisons autour d'un axe sans objet. De l'idée de fabriquer un pont entre poésie et réalité. œuvre collective, poème physique qui s'élabore. pendant deux semaines un Ballroom Pounchd.</p> <p>Cet événement à lieu au LMP car c'est un des lieux parisiens qui reste concrètement indépendant de la politique culturelle de la ville. Toute l'équipe de ce théâtre bar galerie est solidaire du projet.</p> <p>L'événement se déroule en plusieurs temps. Le 15 mai à lieu l'ouverture où nous présentons un point de départ. Un dimanche, de 18h à 00h. C'est le premier ballroom, la première rencontre. Tout y est embryonnaire.</p> <p>Enigmatique. Inachevé. Conférence d'histoire de l'art interrompue.</p> <p><span class='spip_document_116 spip_documents spip_documents_center' > <img src='/IMG/jpg/prespou.jpg' width='500' height='667' alt="" style='height:667px;width:500px;' /></span></p> <p>Interventions. Interludes sonores. Cantatrice polonaise. Valse. Expositions de pistes, d'objets, débat chanté, commode psychiatrique, ouverture du lac... Ensuite pendant deux semaines le travail de cohésion commence. Nous habitons le lieu et y faisons croître les premiers éléments. Nous entretenons l'espace, nous l'investissons, le densifions, dentitionnant le propos. Pendant ce travail en cours les artistes bossent donc, mais accueillent également plusieurs fois pendant les deux semaines, des conférences, débats, sorties de livres. Enfin, au bout de ces deux semaines le 29 mai, le deuxième ballroom clos l'ensemble de l'événement.</p> <p>Accéder au programme : <a href='http://pounchd.vefblog.net/1.html' class='spip_out' rel='nofollow'>http://pounchd.vefblog.net/1.html</a></p></div> Le 9 avril 2011 - Rencontre avec les animateurs de Radio Libertaire http://zonesdattraction.org/spip.php?article90 http://zonesdattraction.org/spip.php?article90 2011-05-09T16:43:06Z text/html fr Zones d'attraction Publico - 145 rue Amelot - 75011 Paris Avec les animateurs des émissions : LUNDI MATIN infos et revue de presse - avec Laurent, Sylvie et Nicolas [ émission du lundi de 11h à 13h ] L'ENTONNOIR antipsychiatrie - avec Denis et Gaëlle [ émission du mercredi de 9h30 à 10h30 ] TEMPETE SUR LES PLANCHES actualité du théâtre et de la danse - avec Thomas [ émission du dimanche de 14h à 15h30 ] ZONES D'ATTRACTION philosophie, Witz, performances - avec Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck [ (...) - <a href="/spip_rubrique5_.html" rel="directory">Zone 4</a> <div class='rss_texte'><p><strong> Publico - 145 rue Amelot - 75011 Paris</strong></p> <p><i>Avec les animateurs des émissions :</i></p> <p>LUNDI MATIN infos et revue de presse - avec Laurent, Sylvie et Nicolas [ émission du lundi de 11h à 13h ]</p> <p>L'ENTONNOIR antipsychiatrie - avec Denis et Gaëlle [ émission du mercredi de 9h30 à 10h30 ]</p> <p>TEMPETE SUR LES PLANCHES actualité du théâtre et de la danse - avec Thomas [ émission du dimanche de 14h à 15h30 ]</p> <p>ZONES D'ATTRACTION philosophie, Witz, performances - avec Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck [ émission du vendredi de 11h30 à 13h ]</p> <p>NUIT GAINSBOURG avec Jean-Gabriel Le Nouvel et Nathalie McGrath [ émission unique le 2 mars 2011 ] CD offerts d'inédits Gainsbourg</p> <p><span class='spip_document_119 spip_documents spip_documents_center' > <img src='/IMG/jpg/rencontresok_3.jpg' width='500' height='708' alt="" style='height:708px;width:500px;' /></span></p></div> Festival "Les évadés du bocal" au Lieu-Dit, du 7 mars au 3 avril 2011 http://zonesdattraction.org/spip.php?article76 http://zonesdattraction.org/spip.php?article76 2011-05-06T14:51:10Z text/html fr Zones d'attraction 2010 Du 7 mars au 3 avril, au Lieu-dit, café situé au 6 rue Sorbier (Paris 20), aura lieu le festival des Evadés du bocal. Un mois de débats, projections, concerts, expositions, performances ... pour penser l'hospitalité pour la folie dans la cité. Avec Utopsy, le collectif des 39, le collectif Pounchd, Zones d'attraction, le théâtre du reflet, le Centre Artaud, la revue Cassandre, des soignants, des patients, des artistes, et le tout-venant qui se rendra dans ce lieu pour y laisser vagabonder ses yeux et (...) - <a href="/spip_rubrique5_.html" rel="directory">Zone 4</a> / <a href="/spip_mot3_.html" rel="tag">2010</a> <div class='rss_texte'><p>Du 7 mars au 3 avril, au Lieu-dit, café situé au 6 rue Sorbier (Paris 20), aura lieu le festival des Evadés du bocal. Un mois de débats, projections, concerts, expositions, performances ... pour penser l'hospitalité pour la folie dans la cité. Avec Utopsy, le collectif des 39, le collectif Pounchd, Zones d'attraction, le théâtre du reflet, le Centre Artaud, la revue Cassandre, des soignants, des patients, des artistes, et le tout-venant qui se rendra dans ce lieu pour y laisser vagabonder ses yeux et ses oreilles.</p> <p><a href='http://lesevadesdubocal.canalblog.com/archives/programme_du_festival/index.html' class='spip_out'><strong> Programme du festival</strong></a></p> <p><span class='spip_document_115 spip_documents spip_documents_center' > <img src='/IMG/png/moz_screenshot_2.png' width='500' height='707' alt="" style='height:707px;width:500px;' /></span></p> <p> IMPORTANT : Une exposition de tableaux, photos, vidéos est mise en place pendant toute la durée du festival. Si le lieu n'est pas précisé, tous les événements se déroulent au bar-restaurant le Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, Paris XXe. Seuls les événements intitulés "Les évadés hors les murs" se tiennent dans différents lieux précisés ci-dessous. L'entrée est libre (dans la limite des places disponibles), la participation aussi.</p> <p><a href='http://www.zonesdattraction.org/spip.php?rubrique2' class='spip_out'><strong>Lire</strong></a> <i>Les évadés du bocal</i> par Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck.</p> <p>Lire le <a href='http://lesevadesdubocal.canalblog.com/' class='spip_out'>blog</a> des Evadés</p> <p><strong>Ecouter</strong> <i>La Folie dans la ville</i> <a href='http://www.zonesdattraction.org/spip.php?article80' class='spip_out'>1</a>, <a href='http://www.zonesdattraction.org/spip.php?article82' class='spip_out'>2</a> et <a href='http://www.zonesdattraction.org/spip.php?article85' class='spip_out'>3</a></p></div> L'écologie politique au temps de Fukushima http://zonesdattraction.org/spip.php?article88 http://zonesdattraction.org/spip.php?article88 2011-05-04T15:52:56Z text/html fr Zones d'attraction 2010 Ecouter l'émission 1 2ème partie 3ème partie En 1960, dans leur beau film ethnographique Chronique d'un été, Jean Rouch et Edgar Morin apostrophaient directement les passants dans la rue par la question : « Comment vis-tu ? » La surprise provoquée alors chez les passants pouvait nous rappeler que l'analyse de notre quotidien, de nos modes de vie et de nos implications exige une enquête, tant elle est refoulée par l'institué de nos routines et de nos habitudes. Il y a maintenant un an, le numéro 16 de (...) - <a href="/spip_rubrique4_.html" rel="directory">Zone 3</a> / <a href="/spip_mot3_.html" rel="tag">2010</a> <div class='rss_texte'><p><a href='http://www.zonesdattraction.org/emissions/decroi1.mp3' class='spip_out'>Ecouter l'émission 1</a></p> <p><a href='http://www.zonesdattraction.org/emissions/decroi2.mp3' class='spip_out'>2ème partie</a></p> <p><a href='http://www.zonesdattraction.org/emissions/decroi3.mp3' class='spip_out'>3ème partie</a></p> <p>En 1960, dans leur beau film ethnographique <i>Chronique d'un été</i>, Jean Rouch et Edgar Morin apostrophaient directement les passants dans la rue par la question : « Comment vis-tu ? » La surprise provoquée alors chez les passants pouvait nous rappeler que l'analyse de notre quotidien, de nos modes de vie et de nos implications exige une enquête, tant elle est refoulée par l'institué de nos routines et de nos habitudes. Il y a maintenant un an, le numéro 16 de la Revue internationale des livres et des idées choisissait pour titre, comme en écho à la formule de ce film : « Comment vivons nous ? », manière de remettre en scelle une pensée politique du quotidien. Ainsi pour Charlotte Nordmann et Jérôme Vidal, l'écologie politique s'avère une ressource incontournable pour penser notre quotidien et agir sur notre présent. C'est autour de ce paradigme et en leur compagnie, que nous cheminerons ensemble aujourd'hui.</p> <p>Au moment où, à travers l'affaire de Fukushima, la gestion du nucléaire apparaît dans toute son opacité et où la ritournelle de l'écologie dominante et sa pédagogie des catastrophes est toujours censée nous faire avaler sa gestion capitaliste aussi recyclable qu'indépassable, face à ce moralisme ambiant, il est tant de rappeler la possibilité d'une écologie qui soit politique et articulée à une critique de notre quotidien.</p> <p>Dans ce sens, le mouvement de la décroissance peut apparaître comme l'une des manières d'opérer cette critique, notamment par la déconstruction du paradigme capitaliste de la croissance, dont s'enchantent aussi bien la gauche que la droite. Nous aurons donc la chance de recevoir aussi, Stéphane Lavignotte, auteur de <i> <i>La décroissance est-elle souhaitable ?</i> </i>, paru aux editions Textuel pour cheminer autour de ce courant aux multiples facettes et nous interrogerons avec lui, les conditions d'une perspective libertaire ou comment l'ecologie politique propose des outils pour une transformation politique de nos vies.</p> <p><span class='spip_document_108 spip_documents spip_documents_center' > <img src='/local/cache_vignettes/L149xH117/strangelove_7cf29.jpg' width='149' height='117' alt="" style='height:117px;width:149px;' /></span></p> <p>Nous rediffuserons également en conclusion un extrait d'une <a href='http://www.zonesdattraction.org/spip.php?article48' class='spip_out'>émission</a> diffusée la première fois le 30 octobre 2010, avec Salvatore Panu et Giusi Lamare, qui fait directement écho à la discussion que nous avons eue avec S. Lavignotte, J. Vidal et C. Nordmann.</p> <p><strong>Pour aller plus loin</strong> :</p> <p>Stéphane Lavignotte, <i>La décroissance est-elle souhaitable ?</i>, Textuel, 2008.</p> <p>Collectif (avec la RILI), <i>Penser à gauche</i>, Amsterdam, 2011. Avec les contributions de : Christian Laval, Giorgio Agamben, Michael Hardt, Frédéric Neyrat, Charlotte Nordmann, Michael Löwy, Stéphane Lavignotte, Anselm Jappe, , Antonio Negri, Michael Hardt, Luc Boltanski, Jacques Rancière ...</p> <p>Yves Citton, <i>Zazirocratie, Très-curieuse introduction à la biopolitique et à la critique de la croissance, Amsterdam, 2011.</p> <p>Félix Guattari, <i>Les trois écologies</i>, Galilée, 1989.</p> <p>André Gorz, <i>Ecologie et politique</i>, Galilée, 1975.</p> <p>René Lourau, <i>L'Etat inconscient</i>, Editions de Minuit, 1979.</p> <p>Günther Anders,<i> La Menace atomique. Considérations radicales sur l'âge atomique</i>, Le Serpent à Plumes, 2006 (trad. fr. Ch. David).</p> <p>Jean Rouch et Edgar Morin, <i>Chronique d'un été</i>, Arte Video, 2005.</p> <p>Stanley Kubrick, <i>Docteur Folamour, ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe</i>, Sony Pictures Entertainment, 2001.</p> <p><a href='http://georgeslapassade.blogspot.com/2009/03/fragments-dun-maitre-di-salvatore-panu.html' class='spip_out'>Le blog de Salvatore Panu</a> consacré à Georges Lapassade.</p></div> La folie dans la ville 3 http://zonesdattraction.org/spip.php?article85 http://zonesdattraction.org/spip.php?article85 2011-04-15T15:12:46Z text/html fr Zones d'attraction 2010 Ecouter l'émission Suite Durant un mois, au Lieu-Dit à Ménilmontant, le festival des Évadés du bocal a été l'occasion de rencontres nombreuses, portées par le désir d'une hospitalité pour la folie. Cette émission est donc la dernière d'un cycle que nous avons consacré à ce festival, glanant les prises de paroles, les récits résistants, émouvants, drôles, insolites, révoltés ou tragiques qui ont agité, donné forme durant un mois à ce processus collectif, à ce work-in-progress. Au cours de nos longues (...) - <a href="/spip_rubrique4_.html" rel="directory">Zone 3</a> / <a href="/spip_mot3_.html" rel="tag">2010</a> <div class='rss_texte'><p><a href='http://www.zonesdattraction.org/emissions/evader1.mp3' class='spip_out'>Ecouter l'émission</a></p> <p><a href='http://www.zonesdattraction.org/emissions/evader2.mp3' class='spip_out'>Suite</a></p> <p><span class='spip_document_105 spip_documents spip_documents_center' > <img src='/local/cache_vignettes/L214xH235/images_1_8b303.jpg' width='214' height='235' alt="" style='height:235px;width:214px;' /></span></p> <p>Durant un mois, au Lieu-Dit à Ménilmontant, le festival des Évadés du bocal a été l'occasion de rencontres nombreuses, portées par le désir d'une hospitalité pour la folie.</p> <p>Cette émission est donc la dernière d'un cycle que nous avons consacré à ce festival, glanant les prises de paroles, les récits résistants, émouvants, drôles, insolites, révoltés ou tragiques qui ont agité, donné forme durant un mois à ce processus collectif, à ce work-in-progress.</p> <p>Au cours de nos longues flânerie sonores, il nous est arrivé parfois d'éprouver des désaccords avec certains intervenants. Ce fut le cas de Nicolas Roméas, directeur de la revue <i>Cassandre</i>, que nous avons interpelé sur son usage, à nos yeux problématique, des notions de “valeurs”, de “civilisation” et de “morale”, au sortir de son intervention intitulée “L'art comme outil de civilisation”. Ainsi également Roland Gori, avec qui nous avons débattu du statut de la notion d'Etat dans les formes actuelles de revendication et de lutte, exprimant notre divergence avec ce qui nous paraît être une manière de défendre l'institué derrière l'institution.</p> <p>Ces désaccords sont sans doute le signe d'une conflictualité qui doit être mise au travail au sein des collectifs de résistance. Comme nous le rappelle de son côté Jean Oury, la lutte contre la bureaucratie, ce “fascisme camouflé”, exige d'assumer les conflits politiques par lesquels nous sommes traversés, et non de les dénier par le consensus d'une prétendue bonne gouvernance.</p> <p>Dans cette perspective, Patrick Chemla expose la nécessité d'un “mouvement permanent d'analyse institutionnelle”, autrement dit d'une “subversion permanente” de l'institué qui passe par la construction d'“espaces vivants” pour résister à la bêtise de l'Etat.</p> <p>Parce que nous avons besoin aussi d'ironie et de “chariage”, Frank Lepage et DGIZ, chacun dans sa singularité et avec ses propres outils, nous rappellent le pouvoir corrosif des mots, de la poésie, et l'importance d'inventer ensemble d'autres langues pour d'autres possibles.</p> <p>Cette dernière émission, à l'instar de la clôture du festival des Évadés, n'est bien entendu qu'un prélude : prélude à la poursuite du combat pour de nouvelles possibilités collectives.</p> <p><strong> Dans cette émission :</strong> Nicolas Roméas, DGIZ, Patrick Chemla, Jean Oury, Philippe Bichon, Frank Lepage, Bernard Richard, Roland Gori.</p> <p><strong>Vous avez pu entendre :</strong></p> <p><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> DGIZ pour le Festival des Évadés du bocal, le 2 avril 2011 au Lieu-Dit, 6, rue Sorbier, Paris 20. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Silvano Michelino, "Brainstorming", album "Ressources humaines", Believe / Cézame, 2008. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Richard Galliano, "Garda Che Luna", album "Garda Che Luna", Warner / Milan Record, 2006. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Line Adam, "Fathertime", album "Ressources humaines", Believe / Cézame, 2008. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Alice Guerlot-Kourouklis, Vincent Leibovitz, "Social context", album "Ressources humaines", Believe / Cézame, 2008.</p></div> Les évadés du bocal http://zonesdattraction.org/spip.php?article84 http://zonesdattraction.org/spip.php?article84 2011-04-01T16:00:43Z text/html fr Zones d'attraction -Qu'est-ce donc qui rassemble des artistes, des philosophes, des psychologues, des psychiatres.... des fous à temps partiel, des fous à temps complet.... Rien de très précis : des idées, des jaillissements, des impulsions.... se prêtant à un lieu donné pour un temps donné. Et avec cela, que veulent-ils ? Inventer quoi ? A partir de quoi ? Allons donc, ils délirent. Voilà, c'est très exactement cela : délire à plusieurs. Epinglage diagnostique en bonne et due forme. Et qu'advient-il de plus, avec un (...) - <a href="/spip_rubrique2_.html" rel="directory">Zone 1</a> <div class='rss_texte'><p><i>-Qu'est-ce donc qui rassemble des artistes, des philosophes, des psychologues, des psychiatres.... des fous à temps partiel, des fous à temps complet.... Rien de très précis : des idées, des jaillissements, des impulsions.... se prêtant à un lieu donné pour un temps donné. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Et avec cela, que veulent-ils ? Inventer quoi ? A partir de quoi ? Allons donc, ils délirent. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Voilà, c'est très exactement cela : délire à plusieurs. Epinglage diagnostique en bonne et due forme. <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Et qu'advient-il de plus, avec un délire ? Rien, n'est-ce pas ? <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Rien, c'est cela. C'est à dire rien qui n'ait vraiment de nom... <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Ah ! Ah ! Moins qu'un nom alors ? <br /><img src="http://zonesdattraction.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif" width='8' height='11' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Peut-être une lettre. Une petite lettre surnuméraire - vous savez, une lettre muette qu'on aurait oublié de compter dans l'alphabet.... </i></p> <p> L'institution psychiatrique ressemble aujourd'hui à un grand marché sur lequel on vend à la criée les derniers gadgets de la société de contrôle : enfermement, vidéos surveillance, produits pharmaceutiques dernier cri. Le soin devient une affaire de police. Un partage s'est imposé entre une “santé mentale” positive, agent proclamé d'adaptation sociale et économique, et une « santé mentale négative », réduite, dépistée, dénoncée et mise à l'écart au sein du monde-entreprise. Evaluation et contrôle devraient désormais gouverner l'horizon institutionnel de la folie.</p> <p>Les étiquettes sont à la mode et de nouvelles catégories font irruption : l'enfant hyperactif, l'adolescent atteint d'un trouble des conduites, le criminel récidiviste, le pédophile, l'addictif, l'anorexique, le schizophrène dangereux… Mais, ne nous y trompons pas, ces mots ne sont pas que l'affaire des psychiatres ou de leurs patients. En effet, ils relèvent de cette même logique qui produit « le jeune des quartiers sensibles”, “le sans-domicile-fixe”, “le chômeur”, “le précaire”, “l'anarcho-autonome”, etc.... La fabrique néo-libérale fait le rêve du tout-explicite, d'un sujet transparent et entrepreneur de lui-même. Et tout un ensemble de lois y répond, instaurant cloisonnements et peur des uns envers les autres. Eux/nous : cette logique, qui consiste à désigner et bannir ceux qui dérangent, semble sans limite.</p> <p>Et oui ! Il y a de plus en plus d'étrangers dans le monde ! Or nous savons très bien que nous ne sommes pas seuls et que chacun de nous est plusieurs. Les slogans de nos manifestations sont toujours plus ou moins les mêmes, ritournelles où l'invention semble barrée. Il nous faut donc réinventer des énoncés pour nos indignations, explorer nos transversalités, la part d'ombre dont nous avons besoin pour vivre et opposer à tous les fichages, notre part d'incomptable.</p> <p>Nous voulons traverser les discours normatifs dans lesquels nous sommes pris pour penser l'accueil de l'autre, l'étrange, l'étranger, y compris celui qui nous habite. Porter le regard sur ce qu'on a oublié, délaissé, mis de côté, ces petits riens, ces fragments d'inconscient, ces résidus. La poésie lutte précisément, contre l'enfermement des mots dans la chose, elle ouvre un espace pour libérer la parole pour se raconter enfin d'autres histoires. S'extraire des codes et des normes. Art et folie ne sont pas en marge, ils produisent de la marge, de l'écart. Ce sont les irréductibles qui permettent de déjouer, de sortir du caractère aliénant de la norme et d'ouvrir le poétique du hors-norme. Ils produisent des rapprochements inédits qui nous permettent de relancer dans le mouvement des métamorphoses.</p> <p>Aussi, nous voulons que ce festival connecte ensemble les hétérogènes de la clinique, de l'expérience politique, artistique, quotidienne et institutionnelle pour résister aux glacis des formes fixes et figées. C'est en partant de nombreuses expériences collectives, artistiques, soignantes, qui attestent aujourd'hui de la possibilité d'un vivre-ensemble hétérogène que nous tenterons d'interroger les conditions de possibilité de cette aventure pour produire, mettre au travail recomposer, ce qui nous lie et nous délie.</p> <p>Nous voulons produire du commun, de l'instituant, des constellations de pratiques et de pensées. Oser une marche particulière qui nous conduise à percer les murs, décloisonner, et forcer les portes des institutions rendues malades par une pénurie programmée. Si la confiance est sacrifiée à l'ordre, nous voulons, par le biais de cette chose qu'on appelle art, fabriquer des événements qui provoquent l'hospitalité, déplace nos habitudes de penser. Nous désirons inventer des manières de parler et d'agir ensemble. Trouver des outils d'analyse institutionnelle et des modalités d'action collective pour faire jaillir les germes de l'autrement possible.</p> <p>S'évader du bocal et voir ce qui se passe…</p></div> Réflexions préliminaires à une navigation dans le virtuel http://zonesdattraction.org/spip.php?article73 http://zonesdattraction.org/spip.php?article73 2011-04-01T15:57:48Z text/html fr Zones d'attraction Le virtuel apparaît à nos yeux comme une grande mer. Concept aux valeurs sémantiques multiformes et aux différents emplois, sa signification est floue, son sens en mouvement perpétuel. Dès que l'on prononce ce mot, des scénarios de science-fiction se présentent à nos yeux, fascinants mais en même temps inquiétants. Le virtuel semble occuper progressivement notre quotidien et le façonner et pourtant, dès que l'on utilise cet adjectif, on est égaré : nous sommes face à lui comme un marin au milieu de la (...) - <a href="/spip_rubrique2_.html" rel="directory">Zone 1</a> <div class='rss_texte'><p>Le virtuel apparaît à nos yeux comme une grande mer. Concept aux valeurs sémantiques multiformes et aux différents emplois, sa signification est floue, son sens en mouvement perpétuel. Dès que l'on prononce ce mot, des scénarios de science-fiction se présentent à nos yeux, fascinants mais en même temps inquiétants. Le virtuel semble occuper progressivement notre quotidien et le façonner et pourtant, dès que l'on utilise cet adjectif, on est égaré : nous sommes face à lui comme un marin au milieu de la mer.</p> <p>La métaphore de la navigation est récurrente dans ce domaine : on navigue sur Internet, l'espace ouvert par les nouvelles technologies est souvent appelé cyberespace, l'espace de celui qui gouverne le bateau. Comme la mer, le virtuel est le lieu du mouvement et de la connexion. Au milieu du virtuel on est nulle part parce que son territoire est indifférencié et homogène et en même temps partout, parce que ce concept est l'élément suprême de connexion.</p> <p>Ces quelques pages se veulent une préparation à la navigation que l'on devra affronter lorsqu'on décidera de parcourir l'espace théorique ouvert par ce concept. En bon chef de bord, la carte à la main, l'expérience et la prudence toujours présentes à l'esprit, et je me propose de signaler les rochers, les bas-fonds, et les routes qui caractériseront la navigation.</p> <p>Il faut d'abord être conscient que nous sommes comme le marin au milieu de la mer, sans aucun repère ; nous ne pouvons décider de notre route ; pour parcourir le virtuel il faut d'abord pouvoir s'orienter : trouver l'orient, un point fixe à partir duquel dessiner une cartographie de cette notion. Et en revanche, le virtuel est en mouvement continu, ne laisse pas deviner ses frontières, ni son dehors.</p> <p>Le premier problème auquel il faut faire attention lorsqu'on débarque dans le virtuel est donc que ce mot a une valeur sémantique très large et des significations souvent contradictoires.</p> <p>On peut repérer trois significations principales du mot : la première est née dans le domaine purement philosophique et les deux autres plutôt dans le champ de la physique et notamment de l'optique et de la mécanique. Dans son sens philosophique, le concept de virtuel est l'héritier du dunaton grec. Dunaton avait en grec une valeur sémantique assez large, il signifiait banalement « possible », mais aussi, et notamment dans la philosophie aristotélicienne, « potentiel ». Pour saisir la signification exacte du virtuel il faut donc s'immerger dans la question passionnante du rapport entre possible, réel, actuel et potentiel. Dans le sillage de Deleuze, mais grâce aussi à l'apport fondamentale – et jamais étudié de près – de Merleau-Ponty, on arrive à une définition philosophique du virtuel en tant que force dynamique qui caractérise le réel en tant que flux.</p> <p>Selon sa signification philosophique, comme le soulignait déjà Deleuze, le virtuel n'a donc rien d'irréel. Mais ceci ne rend pas compte de notre ressenti à propos de ce concept. Quand on parle de virtuel on pense tout de suite à quelque chose de fictif, d'illusoire ou au moins de simulé. Et cette idée dérive d'un emploi du concept dans le domaine de la physique. C'est au XVIII siècle que l'optique s'approprie le mot pour parler du foyer virtuel et de l'image virtuelle. Dans le sens optique, le virtuel est donc une représentation illusoire de la réalité. Peu de temps après, un autre domaine de la physique changera encore la signification de notre terme : la mécanique définira le virtuel toujours en opposition au réel mais en tant que multiplicité qui existe avant la réalité et dont celle-ci est une cristallisation en une unité.</p> <p>On comprend ainsi que toute définition de virtuel dépend d'une conception préalable de la réalité. D'une part on peut concevoir le réel comme un flux en mouvement continu : dans ce cas le virtuel fait partie du réel, et même il est l'élément qui le caractérise le plus. D'autre part, le réel peut être pensé comme un arrêt sur image, statique et immobile : ce qui est actuellement devant nous à un instant défini. Dans ce cas le mouvement du virtuel vient avant le réel et s'y oppose.</p> <p>Un premier amer, donc ; virtuel peut avoir deux signification dont une comprend deux nuances différentes :</p> <p>1. Une signification philosophique : il est la force dynamique qui caractérise le réel en tant que flux 2. Une signification physique : il est une cause idéelle qui s'oppose à la réalité (a) ou bien – dans le sens optique – en tant qu'illusion qui représente la réalité (b) ou bien – dans le sens mécanique – en tant que multiplicité qui existe avant l'actuel et dont l'actuel est une cristallisation On peut avancer l'hypothèse que les deux significations physiques dérivent de la première à la suite d'un glissement sémantique. Reste que toute analyse du concept de virtuel devra se poser la question du rapport entre ces différents sens.</p> <p>C'est à partir de cette base qu'il faut prendre en compte l'emploi du concept dans le domaine des nouvelles technologies, pour voir en quel sens elles ont quelque chose de virtuel. À partir de la mémoire virtuelle, développé dans les années 70, le mot a commencé à être utilisé dans le domaine du numérique. Dans le domaine des nouvelles technologies, les trois significations du mot virtuel sont souvent entremêlées et confondues : pour s'orienter dans le virtuel il faut préciser le sens de l'emploi du mot et surtout veiller au fait qu'il ne devienne pas, banalement, synonyme de numérique.</p> <p>Une fois posés les repères sémantiques qui nous permettrons de voir plus clair dans la mer homogène du virtuel, ce sont les enjeux politiques liés à notre concept qui s'imposent à l'attention. Le concept de virtuel semble avoir un lien fort avec un sens politique déjà à son origine étymologique : dans les définition d'Aristote, le dunaton effleure le concept de pouvoir, ce qui est transposé dans le mot d'origine latine avec la référence au concept de vis, force. Le virtuel, force dynamique et multiple selon sa définition philosophique, est en même temps une capacité de cristallisation, d'immobilisation de ce qui bouge. À partir de cette considération théorique, il est nécessaire de prendre en considération les implications sociales et politiques des aspects virtuels des nouvelles technologies.</p> <p>Le sens politique des identités virtuelles, des communautés virtuelles, de la réalité virtuelle sera toujours affecté par une ambiguïté de fond : la virtualité de ces technologies sera d'une part une ouverture à de nouvelles possibilités de liberté et d'autre part une clôture, celle du contrôle et de la gestion des individus par un pouvoir centralisé.</p> <p>En quoi ces outils augmentent-ils notre liberté, en quoi créent-ils une dépendance ? Quels sont les nouvelles technologies du pouvoir dans le domaine des nouvelles technologies ? Et finalement : faut-il « résister » au virtuel ? Une navigation dans le virtuel devrait essayer de donner une réponse à ces questions et rendre donc capables les équipiers de s'orienter dans le virtuel, de se repérer dans le monde fluide et égarant généré par cette notion.</p> <p>Nous pouvons ainsi lister ce que nous préconisons pour le marin qui désire s'aventurer dans la mer du virtuel. En premier lieu, il faut tenir compte des différentes significations du concept. Toute analyse de la notion de virtuel doit démarrer d'un préalable questionnement sur la conception de la réalité. Différentes idées du réel impliquent différents enjeux liés au virtuel. Dans le domaine des nouvelles technologies, la notion de virtuel peut être comprise de plusieurs manières : le chercheur devra essayer d'établir dans laquelle de ses acceptions le concept de virtuel aide à cerner ce nouveau domaine. En second lieu il faudra toujours se rappeler que ce concept est affecté par une ambiguïté constitutive : entre liberté et contrôle, entre mouvement et immobilité.</p> <p>C'est seulement à partir de cette ambiguïté qu'il sera possible de penser les enjeux politiques du virtuel.</p></div> La disparition de Francis Bérézné http://zonesdattraction.org/spip.php?article68 http://zonesdattraction.org/spip.php?article68 2011-04-01T15:57:32Z text/html fr Zones d'attraction Francis Bérézné, ami et membre de Zones d'attraction, a brutalement décidé de nous quitter. Le dernier texte publié dans Constellation était de lui, et s'intitule "Sur l'amitié en psychiatrie". Il y réfléchissait sur la psychiatrie et sur ce qui s'y passe à partir de son propre parcours de patient, de "fou", comme il aimait le dire lui-même. Peintre, écrivain, réalisateur, il nous avait embarqués dans un projet de film, "Un amour impossible", qui ne pourra donc jamais voir le jour. Il nous manque (...) - <a href="/spip_rubrique2_.html" rel="directory">Zone 1</a> <div class='rss_texte'><p>Francis Bérézné, ami et membre de Zones d'attraction, a brutalement décidé de nous quitter. Le dernier texte publié dans Constellation était de lui, et s'intitule "Sur l'amitié en psychiatrie". Il y réfléchissait sur la psychiatrie et sur ce qui s'y passe à partir de son propre parcours de patient, de "fou", comme il aimait le dire lui-même. Peintre, écrivain, réalisateur, il nous avait embarqués dans un projet de film, "Un amour impossible", qui ne pourra donc jamais voir le jour. Il nous manque terriblement.</p> <p>Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck.</p> <p><span class='spip_document_38 spip_documents spip_documents_center' > <img src='/local/cache_vignettes/L120xH170/francis_9d89e.jpg' width='120' height='170' alt="" style='height:170px;width:120px;' /></span></p> <p><strong>Correspondance :</strong></p> <p><strong>CHOC</strong></p> <p>J'allais fermer mon ordinateur pour me coucher. Je tombe sur ma boîte mail. Une dizaine d'objets de message qui énonce : Francis Bérézné est mort. Je n'arrive pas encore à lire la "Carte triste" écrite par Michel Rostain. J'entrevois juste la première ligne : C'est une tristesse énorme pour moi, plus grande encore que je ne croyais, je savais que cet homme m'importait, mais ne savais pas l'aimer tant : Francis Bérézné est mort. Il s'est pendu la semaine dernière. Je suis anéantie.</p> <p><strong>CIRCUIT NON FERME</strong></p> <p>Des pensées se bousculent dans ma tête... Il nous a appelés mercredi, non jeudi dernier, il voulait absolument qu'on prenne tous rendez-vous ... son film, son film qui lui tenait tant à coeur... Prendre du son, le son... Faire entendre ces voix... J'entends de nouveau la voix d'Alice me dire : " il faut qu'on prenne date au plus vite ... parce que sinon ... on connaît Francis... il va s'angoisser"... Puis Valentin : "Oui avec Francis les dates ça ne rigole pas ... Rires". C'est maintenant la voix de Francis : " Charlotte... Un amour impossible..."</p> <p><strong>RENCONTRE</strong></p> <p>J'ai vu Francis Bérézné pour la première fois à la Parole Errante à Montreuil à l'occasion d'un meeting organisé par Le collectif des 39. Il avait lu un très beau texte. Je demandai alors à Françoise Attiba qui avait lu ce texte qui m'avait autant touchée. Elle me l'a présenté, il était à côté de ses dessins qu'il exposait pour l'occasion. On s'est arrêtés devant chaque dessin avec lui. J'ai reconnu tout de suite ses portraits car j'avais déjà vu une de ses toiles chez Françoise .. Lors de notre première émission sur le collectif des 39, j'ai demandé à Valentin qu'on passe son texte à l'antenne. Nous l'avons publié ensuite sur le site de Zones d'attraction dans Constellation.</p> <p>J'ai rencontré Francis le samedi 23 mai 2009. Je faisais intervenir Françoise Attiba au festival "Vertige Tango" où la psychanalyse était à l'honneur. Francis s'est déplacé pour l'entendre. Il est resté avec nous tout le week-end. Il était intéressé, même s'il ne voulait pas danser. J'insistai un peu. Lui : "Je ne peux déjà pas danser tout seul, alors danser avec quelqu'un d'autre, c'est hors de mes forces Charlotte !" Il riait. " Non tu sais c'est déjà difficile pour moi de tenir debout..." Le lendemain il est venu avec son appareil photo, manière pour lui de trouver sa place au milieu de tous ces danseurs. Le dimanche soir, nous avons dîné ensemble avec d'autres amis. C'était une forte rencontre, une de ces rencontres où l'on se dit que l'on s'est toujours connu, peut-être pas ici, mais certainement ailleurs...</p> <p>Puis, nous nous sommes vus à plusieurs reprises, lors de ses passages à Paris, à Belleville ou à Laborde...</p> <p>Un jour, il voulait me faire part d'une chose qui lui tenait à coeur. Il était encore plus solennel que d'habitude. Il ne fallait pas que je sois en retard. il voulait que c'est lieu prêt de chez moi. Je lui ai donné rendez-vous à la Chope de Château Rouge. Il avait déjà réalisé un film qu'il avait apporté pour que je le regarde et il fallait que je lui dise absolument ce que j'en pense. Il voulait en réaliser un nouveau : Un amour impossible. Un film très important, pour lui. Il voulait qu'on le fasse ensemble. Il n'avait pas de quoi me payer, mais il me proposait de me donner des toiles. Il insiste : lesquelles ? Je lui ai dis sans réfléchir : Les visages, les visages avec les mains dans le bol de café. Il m'avait montré chez moi un jour des tirages de ces dessins.. Mais cela ne suffisait pas, il fallait qu'il soit sûre de moi... Il fallait qu'il sente que je prenne ça très au sérieux... Et cela allait être très sérieux...</p> <p>C'était l'histoire de Valentin et Valentine. Il fallait choisir celui qui ferait Valentin... Il fallait que je le connaisse, non pas forcément qu'il soit acteur professionnel, au contraire peut-être, il fallait que ce soit quelqu'un proche de moi en qui j'ai toute ma confiance... On a choisi Valentin qui collait si bien, toujours selon Francis, au personnage. Alors c'est devenu l'histoire de Célestin et Célestine. Puis il fallait quelqu'un pour le son car pour la caméra, Francis savait depuis le début à qui s'adresser, c'était Paul. Encore les mêmes prescriptions : il fallait quelqu'un en qui j'ai toute confiance, dont je sois très proche, avec qui j'aurais travaillé ou dont j'aime particulièrement la musique. Je lui présente Alice. Nous nous sommes vu plusieurs fois avec Valentin et Francis avant de commencer le tournage.</p> <p><strong>LE FILM</strong></p> <p>La première scène devait avoir lieu chez moi. Pour le roman feuilleton. C'était un essai. Chaque endroit avait une importance singulière. Nous avons alors compris que c'était très sérieux. Nous avons tourné le 19 et 20 juin, les scènes d'intérieur, le 1er, le 2 et le 3 juillet, les scènes d'extérieur. C'était très éprouvant pour tout le monde, même si nous avions beaucoup de plaisir à faire ça tous ensemble.</p> <p>Nous devions nous revoir après la rentrée pour s'occuper des prises de son avec Alice.</p> <p><strong>A CÔTE</strong></p> <p>J'étais surprise que Francis ne me harcèle pas encore, comme à son habitude, pour le film, pour que je fixe les prochaines rencontres. Valentin me dit avoir reçu un message de Francis lui disant qu'il fallait qu'on arrive à prendre rendez-vous entre-nous. Puis je vois sur la liste Chimères qu'il ne viendra pas à Paris avant un certain temps.. Alors je me dis qu'on a encore un peu de temps ... Jeudi dernier, alors que je travaille sur le son de ma prochaine émission avec Alice chez elle, Francis appelle. Alice lui dit qu'elle est justement en train de travailler avec moi. Il ne veut pas me parler. Il veut juste dire à Alice qu'il faut qu'on se voit tous les 3 pour faire les prises de son, qu'il ne pourra pas venir à Paris... Est ce qu'elle sera capable de le faire toute seule sans lui avec nous ? Alice dit d'une petite voix : "oui, oui." Il faut qu'on prenne nos agendas pour le faire... Nous nous remettons alors vite au travail..</p> <p>Le jour même, nous fixons la date du 10 novembre.</p> <p>Je pense juste à ce moment-là : comme c'est curieux qu'il ne m'ait pas parlé..</p> <p>Pourquoi ne m'a t-il pas appelé...</p> <p>Charlotte Hess.</p></div> Sur l'amitié dans la psychiatrie http://zonesdattraction.org/spip.php?article46 http://zonesdattraction.org/spip.php?article46 2011-04-01T15:57:20Z text/html fr Zones d'attraction Je voudrais vous parler, brièvement, de l'amitié dans les institutions psychiatriques. En particulier de l'amitié entre soignant et soigné. Evidemment, ça semble au premier abord loin des problèmes qui s'imposent à nous aujourd'hui, la repression, la regression sécuritaire. Mais l'amitié, c'est aussi une façon d'y résister. En ce qui me concerne, je l'ai rencontrée comme patient dans des lieux de soin où se pratique la psychothérapie institutionnelle. Ca ne veut pas dire qu'elle n'existe que là, mais il y a (...) - <a href="/spip_rubrique2_.html" rel="directory">Zone 1</a> <div class='rss_texte'><p>Je voudrais vous parler, brièvement, de l'amitié dans les institutions psychiatriques. En particulier de l'amitié entre soignant et soigné. Evidemment, ça semble au premier abord loin des problèmes qui s'imposent à nous aujourd'hui, la repression, la regression sécuritaire. Mais l'amitié, c'est aussi une façon d'y résister. En ce qui me concerne, je l'ai rencontrée comme patient dans des lieux de soin où se pratique la psychothérapie institutionnelle. Ca ne veut pas dire qu'elle n'existe que là, mais il y a certaines raisons qui font qu'une amitié peut se nouer plus facilement entre un soignant et un soigné dans ce genre d'institution.</p> <p> Je vais vous raconter comment ça s'est passé. A La Borde dans les années 70, et dans un foyer de post-cure parisien, le foyer Capitant dans les années 90, j'ai rencontré un ou plusieurs soignants dont je suis devenu l'ami, et avec qui j'ai gardé des relations amicales, jusqu'à ce jour.</p> <p> A La Borde, c'est à l'occasion d'un travail mené par des gens du CERFI, un collectif de chercheurs rassemblés autour de Félix Guattari, que je me suis lié d'amitié avec des moniteurs qui travaillaient au bureau économique. Mais à La Borde, travailler ici ou là, au bureau économique ou à la cuisine, ou à la ferme, ou à la buanderie, c'est participer pleinement aux soins. Toujours est-il que j'ai proposé, ou qu'on m'a demandé, je ne sais plus, d'illustrer le livre qu'ils écrivaient sur La Borde, qui a été publié trois ans plus tard, en 1976. Ca s'appelle : Histoires de La Borde. C'est donc autour d'un travail que ce sont nouées ces amitiés, et surtout l'une d'entre elles, avec un moniteur qui faisait directement partie du collectif qui écrivait cette histoire de La Borde, un jeune philosophe qui est devenu plus tard metteur en scène d'opéra, et directeur d'un théâtre.</p> <p>Cette amitié s'est précisée le jour où j'ai été invité à diner, un soir, avec ces moniteurs et avec d'autres, dans leur maison de campagne à quelques kilomètres de la clinique. Ils voulaient que je parle de ces illustrations. Ils m'ont donc offert l'hospitalité, le temps d'une soirée, même si je n'ai pas dormi sur place, parce que mon statut de pensionnaire m'obligeait, sécurité sociale et assurances aidant, à dormir à La Borde. A partir de là je les ai beaucoup fréquenté, surtout à Paris. J'ai fréquenté le siège du CERFI jusqu'en 1981, pour les voir, pour y écrire, pour y dessiner, également pour y manger. A l'époque j'étais sans le sou, et presque sans toit. J'ai retrouvé ces amis vingt ans plus tard, quand les choses sont allées mieux pour moi.</p> <p> C'était important pour moi cette hospitalité en marge de l'institution hospitalière. Ca me donnait du recul par rapport à la clinique, de la distance par rapport aux soins, un point de vue extérieur. C'était pour moi un espace démédicalisé, mais pas sans lien avec la psychiatrie et ses institutions. Ce que j'en ai fait dans l'immédiat, c'est une autre histoire. En vérité ça m'a amené à fuir La Borde, à ne plus m'y faire soigner. Mais ça ne tient pas tant à mes amis du CERFI eux-mêmes, qu'à une série de contre-sens, qu'à une conduite de rupture, de fuite et d'échec. En tout cas ce que j'ai vécu au CERFI me permet aujourd'hui de comprendre certains problèmes institutionnels, me permet aussi d'entretenir plus ou moins étroitement ces amitiés.</p> <p> La même chose s'est produite au foyer Capitant. Parce que je voulais préparer une agrégation d'arts plastiques, un infirmier, que j'aimais bien, m'a invité à déjeuner chez lui, avec un de ses enfants et avec sa femme, qui est professeur d'arts plastiques dans un collège. Elle m'a parlé de son travail, m'a invité à un de ses cours. A l'époque, je ne dormais plus au foyer, mais j'y venais deux trois fois par semaine pour y rencontrer un médecin et une psychologue, pour y diner aussi, histoire de faire la transition entre un domicile personnel et le foyer. Cet infirmier avait été mon référent pendant mon séjour, et nous nous entendions très bien. Après cette invitation, nous sommes devenus peu à peu des amis. Nous nous voyons aujourd'hui très souvent, et nous continuons d'avoir de longues conversations sur la folie, sur ses institutions.</p> <p> L'amitié, est-ce que ça marche ? Dans les années 70, les gens que je voyais, que j'aimais bien, étaient tous un peu fous, et révolutionnaire chacun à sa façon. Il y a eu beaucoup de bleus à l'âme, et mes amitiés de l'époque n'ont pas permis que ça aille mieux pour moi, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais dans les années 90, nous nous étions tous posés quelque part, d'une façon ou d'une autre, même si nous n'avions pas renoncé à nos idées, à nos engagements, et cette amitié avec cet infirmier a été essentielle dans mon retour à la raison. Je dois dire que mes copains du CERFI n'étaient pas des professionnels de la santé mentale. La psychiatrie n'était pas leur métier, ils ne pouvaient pas vraiment remédier à ma folie, sinon en me disant d'aller me faire soigner à La Borde, ce que je ne voulais plus ; alors que mon copain de Capitant, infirmier psychiatrique, sait des tas de choses sur la folie et sur la raison, sur les médicaments et sur les médecins, sur les hôpitaux et sur les traitements, qui m'ont été fort utiles dans les moments difficiles. Et puis dans les années 90, je n'avais plus vraiment le choix ; je ne pouvais plus m'offrir d'errer sans cesse, il fallait que j'aménage ma folie, que je la rende vivable, et avec une AAH j'en avais enfin les moyens économiques.</p> <p> Mais il ne s'agit pas seulement de savoir si l'amitié donne de bons résultats. Il y a des lieux où l'on veut éviter à tout prix les conflits, quels qu'ils soient. De la même façon, il y a des lieux où l'on veut éviter à tout prix l'amitié entre soignant et soigné, et j'ajouterai, éviter l'amitié même entre soignés. Le devenir d'une amitié, si elle va se montrer bénéfique ou pas, personne ne peut le dire, qu'on soit fou ou pas. Mais exclure l'amitié, à priori, pour les fous comme pour ceux qui ne le sont pas, c'est absurde.</p> <p> Qu'est-ce que je veux dire par amitié ? Essentiellement offrir l'hospitalité. On invite ses amis chez soi, à manger, à dormir, ou les deux. Je ne dirai pas que c'est toujours comme ça, mais ça y ressemble. Ces gens, dont je suis devenu l'ami, m'ont invité chez eux, ensuite je les ai invité chez moi, quand j'ai eu un chez moi. Ca ne m'est jamais arrivé dans les lieux de soin que j'ai connus où se pratique une psychiatrie traditionnelle. J'ai pu y apprendre, y travailler, mais je n'y ai jamais rencontré d'amis parmi les soignants. Ni vraiment parmi les soignés, même si je me sentais proche de certains d'entre eux. Je ne pense pas que ce soit seulement une affaire d'atomes crochus. J'ai fréquenté un atelier thérapeutique à Paris, à la fin des années 80 et au début des années 90, où j'ai beaucoup dessiné, peint, écrit, et filmé. Il y avait un éducateur, quelqu'un de bien. Nous avions des tas d'activités et d'intérêts en commun. Nous allions dans la même université, lui pour devenir psychologue, moi pour y étudier les lettres modernes. Il m'a aidé à faire ma première exposition, il est venu ensuite à certains de mes vernissages, mais jamais il ne m'a invité chez lui. Nous avions de l'estime l'un pour l'autre, mais nous n'étions pas amis. Ses théories, ou sa déontologie, ou je ne sais quoi, s'y opposait. Nous communiquions, nous échangions, mais nous ne partagions pas. Car dans cet atelier thérapeutique, il me semble que la distance habituelle et comme naturelle entre un médecin et son patient était généralisée à toute l'équipe soignante, de l'ergothérapeute à la cuisinière, de l'éducateur à l'infirmière, du psychologue à la secrétaire. Du métier, du respect, de l'estime éventuellement, mais pas d'amitié.</p> <p> Avec mes amis du CERFI je partageais, avec mon ami infirmier je partage. En ce qui le concerne, il s'en est expliqué à propos du délire. Il ne s'agit pas tant, dit-il, de raisonner sur le délire, quand on est infirmier, vivant avec les fous au quotidien. Il ne s'agit pas d'expliquer à un fou son délire par du papa ou de la maman, ou par tout autre cause raisonnante qui risque finalement de l'aggraver, mais de le partager, de faire sentir à celui qui délire, que son délire ne vous est pas étranger. En partageant le délire de cette façon, on l'apaise. Ce n'est pas le conforter, ou y céder, c'est faire entendre à celui qui délire que la raison ne lui est pas étrangère. Et partager comme ça ne s'apprend pas dans les livres, ça vient du sentiment pour un soignant que la folie ne lui est pas étrangère. Or vraiment, il n'y a que dans les lieux de soin où se pratique la psychothérapie institutionnelle que j'ai rencontré une ambiance où les soignants étaient sérieusement invités à ne pas regarder mon délire comme un machin qui leur était totalement étranger, totalement extérieur, avec lequel ils n'avaient rien de commun, pur objet d'étude et d'interprétation, pur objet de connaissance. Que certains, même dans les endroits ouverts de la psychothérapie institutionnelle, ne répondent pas à cette invitation, c'est sûr, mais dans l'ensemble on voulait bien ne pas élever trop haut un mur entre eux et moi. Or c'est sur la base du partage qu'une amitié devient possible, et en ce qui me concerne qu'une forme de guérison, d'aménagement de ma folie, est devenue possible.</p> <p> D'ailleurs la psychothérapie institutionnelle ne considère pas qu'il y a d'un coté les soignants, de l'autre les soignés. Elle considère qu'un soigné peut faire fonction de soignant, le plus souvent à l'égard d'autres soignés, par la parole, par les activités, par les gestes de la vie quotidienne, mais aussi, théoriquement, à l'égard d'un soignant. Quand on est fou, et soigné comme tel, on a l'impression de temps en temps qu'on fait plus de bien aux soignants qu'ils ne vous en font. On a même parfois l'impression que certains ne vous soignent que pour se guérir de leur folie. A La Borde comme à Capitant, la limite entre soignant et soigné pouvant s'amenuiser jusqu'à presque disparaître ici ou là, une amitié hors l'institution devient possible, une hospitalité, non hospitalière, devient possible entre soignant et soigné, et bien évidemment entre soignés.</p> <p> Il faut dire que certaines autorités La Bordiennes ne voyaient pas d'un très bon œil mes amitiés. Elles pensaient sans doute que ça représentait un danger pour moi. Dans l'immédiat, et surtout à moyen terme, elles avaient raison, mais au bout du compte elles ont eu tort. Et puis, n'est-ce pas, on ne va pas toujours éviter, ou empêcher, ou interdire le vin et les amis, à moins de tenir sur la folie le discours de Nicolas Sarkozy et compagnie. Je le dis d'autant plus volontiers que je ne bois du vin qu'avec mes amis.</p> <p> Je veux quand même préciser qu'il ne s'agit pas d'être copain à tout prix, ou d'inviter n'importe qui chez soi, histoire de se faire plaisir, ni que la psychothérapie institutionnelle se réduit à la possibilité d'une amitié. Ce n'est qu'un aspect parmi beaucoup d'autres dispositifs, que ceux qui inventent la psychothérapie institutionnelle, et qui l'inventent avec les patients, vous expliqueraient mieux que moi. Car je n'envisage tous ces problèmes que du point de vue d'un ancien patient qui continue de s'intéresser à la folie et à ses institutions. Il y a nécessairement beaucoup de choses qui m'échappent. J'ai envie de dire qu'il en va de même du point de vue des soignants : il y a nécessairement beaucoup de choses qui leur échappent, même s'ils essayent de se mettre à la place des soignés. Mais les places de soignant et de soignés ne sont pas échangeables. Elles sont parfois partageables, à mon avis sur la base de l'amitié. Ca implique la dimension de l'hospitalité, ou du moins, si l'on ne sort pas du cadre de l'institution, la dimension de l'accueil.</p> <p> Ces amitiés se sont nouées spontanément, je le répète, autour d'un travail, d'une activité, d'un intérêt commun, avec des atomes très crochus. Pas sur la base d'une simple curiosité. Considérée dans sa dimension thérapeutique, comme toute relation thérapeutique elle ne va pas sans difficultés, sans des hauts et des bas, sans des affects et sans des risques. Sans échouer ou réussir. Cependant je remercie ma psychiatre d'avoir toujours évité les relations sociales entre nous, gardant intacte sa neutralité, ses distances, malgré mon désir de mettre parfois notre relation en danger, comme j'ai pu le lui dire. Je comprends qu'il ne puisse pas y avoir d'amitié entre nous. Il y a des raisons théoriques, professionnelles, personnelles, pour qu'il en soit ainsi. Toutefois il y a entre nous un peu plus que de l'estime, c'est à dire que je ne la considère pas seulement comme un bon médecin. Je crois que ça tient pour beaucoup à ce qu'elle me reçoit à son cabinet en ville, car les maisons ressemblent à ceux qui les habitent, alors qu'un dispensaire est un lieu parfaitement anonyme. Pas une amitié donc, parce que je ne vis rien, je n'ai rien à vivre au quotidien avec elle, mais quelque chose de l'hospitalité. Il n'en va pas de même avec les membres d'une équipe soignante. Autant on peut accepter de n'avoir avec un médecin que des relations de soin, autant il est frustrant de penser que l'on n'aura jamais de relation amicale avec quelqu'un d'une équipe soignante, quelqu'un qu'on voit au quotidien, dans beaucoup de circonstances de la vie quotidienne, pour la seule raison qu'il fait partie de l'équipe soignante. A La Borde, où les médecins vivent des relations au quotidien avec les pensionnaires, j'ai pu venir dans la maison du médecin qui s'occupait de moi. Est-ce un bien ou un mal, à mon avis ce n'est pas seulement le nœud du problème.</p> <p>Voilà je l'espère, matière à réflexion pour résister à la folie sécuritaire.</p></div> Le geste du collectif Jeudi noir http://zonesdattraction.org/spip.php?article83 http://zonesdattraction.org/spip.php?article83 2011-04-01T15:56:47Z text/html fr Zones d'attraction « Le record : 650 euros pour une chambrette de 9,83m2 ! » « 3 SDF sur 10 ont un emploi. » « La France compterait au total deux millions de logement vacants, c'est-à-dire vides depuis plus de deux ans. » Comme de nombreux étudiants, Inès est à la recherche d'un logement : « Un copain de la Fac ayant compris qu'Inès était en galère de logement, lui propose de venir habiter chez lui. C'est 200 euros par mois, dans le XVIème arrondissement, les repas et la lessive sont compris dans le prix. Seul hic : ils (...) - <a href="/spip_rubrique2_.html" rel="directory">Zone 1</a> <div class='rss_texte'><p><i>« Le record : 650 euros pour une chambrette de 9,83m2 ! »</p> <p>« 3 SDF sur 10 ont un emploi. »</p> <p>« La France compterait au total deux millions de logement vacants, c'est-à-dire vides depuis plus de deux ans. »</i></p> <p>Comme de nombreux étudiants, Inès est à la recherche d'un logement : « Un copain de la Fac ayant compris qu'Inès était en galère de logement, lui propose de venir habiter chez lui. C'est 200 euros par mois, dans le XVIème arrondissement, les repas et la lessive sont compris dans le prix. Seul hic : ils sont 12 dans 30 m2, mais le collègue lui dit qu'il y a encore de la place pour un matelas. En fait, c'est le gardien de l'immeuble qui sous-loue sa loge afin d'arrondir ses fins de mois (1) . Très peu pour Inès qui décide de chercher encore un peu. (...) Un jour on propose enfin un studio à Inès. En sous location. Parti pour un stage de six mois, le locataire ne veut pas perdre son logement. 700 euros, toutes charges comprises mais sans les APL : c'est beaucoup, même trop pour le budget d'Inès. Mais elle ne veut pas perdre une occasion qu'elle ne retrouvera pas de sitôt. Elle décide travailler à plein temps pour avoir la possibilité de s'offrir cet appartement. Trente heures au restaurant, vingt heures à la fac, elle n'a plus beaucoup de temps pour travailler chez elle, d'ailleurs, elle n'est presque jamais chez elle. Au bout de quelques semaines, Inès finit par décrocher. Quand elle arrivait à aller en cours, c'était pour s'endormir sur sa table. Inès n'a toujours pas de logement légal, et pourtant elle a du renoncer à ses études. Deux possibilités s'offrent à elle : soit faire carrière dans la restauration pour continuer à se loger, soit retourner chez ses parents pour réfléchir à son avenir. Un dilemme qui a un goût d'échec. (2) »</p> <p> La plupart des étudiants vivent chez leurs parents. Certains sont hébergés provisoirement, quelques uns habitent même dans leur voiture et l'on sait trop bien que l'une des causes principales de l'abandon des jeunes issus de milieu populaire, au cours du premier cycle universitaire, réside dans leurs conditions d'études précaires. En partant de cette situation concrète, quotidienne et désastreuse du logement, « Jeudi noir » avait en 2006, pour ambition, de faire « pêter la bulle immobilière ». Ils ont fait des opérations festives au beau milieu des visites d'appartement lorsque 20 ou 30 candidats attendent dans le couloir dans l'espoir d'obtenir une studette, avec des prix qui montent sans cesse, y compris en cours de visite, avec un propriétaire qui se sent autorisé à toutes les exigences à l'égard des aspirants à la location : « Jeudi noir est né en dynamitant, le temps d'une invasion provisoire et joyeuse, ce déséquilibre et en subvertissant un rapport de forces inégal à coups de confettis et de tube disco ». Toujours avec la même dérision, leur mascotte « Disco king », entre aussi faire son show dans des agences qui pratiquent des prix exorbitants...</p> <p>Ils ont réquisitionné plusieurs bâtiments sur Paris, Rue de Sèvres, par exemple, ou encore passage de La bonne graine dans des locaux de la poste, où le contre projet de certains étudiants en architecture du Collectif a tenté de sensibiliser ADOMA, gérant du lieu, destiné à créer un foyer pour travailleurs migrant. Avec « Droit au logement » et des artistes du collectifs « Macaq », en 2007, l'une de leur grande victoire a été Rue de la banque dans la mesure où chaque occupant a été ensuite relogé et que la mairie de Paris a racheté le bâtiment pour en faire des logements sociaux. C'est là qu'ils ont créé un « ministère de la crise du logement ». Aujourd'hui, ils sont Place des Vosges (3) ...</p> <p>Au cours de leurs aventures, ils ont aussi élaboré une critique des politiques publiques que l'on trouve dans leur Petit livre noir du logement : « Pour ne pas sombrer dans le rituel de la dénonciation pure, nous avons pris le soin d'élaborer un panel de propositions : étayées, testées, débattues, expertisées, elles nous ont servi d'arguments lors de nos rendez vous auprès des différents responsables du logement ». A « Jeudi noir », personne n'est « expert » du logement, mais chacun à sa façon, a vécu une facette du mal-logement : « Ce livre se nourrit de nos souffrances et de nos combats. (....) Les jeunes mal-logés et tous les galériens du logement ne sont représentés par aucun groupe de pression. Ils n'ont que leur révolte et leurs mots pour ébranler un peu un système qui marche sur nos têtes. »(4) Je ne reviendrai pas ici sur les propositions concrètes de politiques publiques en matière de logement que l'on peut retrouver dans l'ouvrage, ou leur choix de « policer leur langage afin d'être entendu » (5), mais retenons néanmoins un instant une de leur revendication caractéristique qui est de faire valoir la réquisition légale des logements inoccupés - qui implique un geste spécifique. Puisqu'elle n'est pas appliquée, le droit à la propriété passant avant, ils l'appliquent eux-mêmes : « Face au peu d'entrain des préfets pour la réquisition légale, celle prévue dans la loi, la « réquisition citoyenne », celle menée par les associations, nous apparaît comme juste, à défaut d'être homologuée par l'état. Une réquisition citoyenne est une occupation légitime d'un lieu laissé vide volontairement par son propriétaire pour une longue durée. »(6)</p> <p> Ainsi « Jeudi noir » agit au nom d'un principe supérieur de justice : le droit au logement passant avant le droit à la propriété. Il nous semble que l'ouverture de cet espace de résistance est une sorte de principe de désobéissance civile, voire de dissidence au nom d'une loi supérieure et d'une justice de la pensée. « Jeudi noir » s'est donné le droit de dire publiquement tout ce qu'exige cette recherche de résistance inconditionnelle, ils prennent ce droit principiel de tout dire publiquement, de le réfléchir et d'inventer tout un vrai questionnement autour de l'espace urbain et public. Il y a donc une forme, au sens de Derrida (7), d'inconditionnalité de ce principe mis en avant, avec toute l'ambiguïté que cette notion complexe sous tend. En effet, qui dit inconditionnalité, c'est-à-dire « sans condition », dit aussi « sans pouvoir » ou « sans défense ». Face à une expulsion manu militari, ils ne peuvent pas grand-chose. Comment peuvent t-ils affirmer une indépendance inconditionnelle, revendiquer une sorte de souveraineté, une espèce très originale, une espèce exceptionnelle de souveraineté, sans jamais risquer le pire ? Réfléchir à ce paradoxe, c'est poser toute la tension à l'oeuvre, la force et en même temps la faiblesse, la fragilité de l'espace ouvert par ce type actions, qui réintroduise in fine la question politique. Car que signifie ce geste en fin de compte, sinon bouger les lignes de partage et proposer un être ensemble différent ? Il y a donc à la fois un principe de résistance, mais aussi une force de résistance et de dissidence.</p> <p> L'inconditionnalité de ce principe supérieur de justice en appelle à des mouvements que l'on pourrait appeler performatifs. Car leur engagement en appelle non pas à des discours de savoir, mais à des discours performatifs qui produisent l'événement dont ils parlent. Cela fait longtemps déjà, que nous sommes sortis d'une conception stratégique de la politique, aussi s'agit-il plutôt aujourd'hui de rendre à la politique son caractère irrémédiablement performatif, autrement dit, et pour le dire avec Jacques Rancière, le caractère profondément anarchiste de la politique. (8)</p> <p>La performance à l'oeuvre, comme mise en scène de la pensée, rend opératoire la mise en scène d'un conflit, mais crée aussi de l'autrement possible en acte. Il n'y a pas de ligne ou de conséquence directe entre la connaissance et l'action, cela ne fonctionne pas. Aussi il s'agit plutôt de voir comment des énergies, des situations politiques ont un caractère irrémédiablement autonome et ne sont pas la conséquence d'un savoir. Si l'on suit Jacotot, c'est plutôt la critique de la connaissance qui produit l'action. Aussi, c'est plutôt là que réside la vraie question : il y a toujours des capacités collectives qui peuvent définir un tout autre monde, autrement dit comment une proposition théorique devient effective, et que tout un système d'autorité et de hiérarchie s'effondre ? Coexistence, ou tension plus exactement, entre un modèle traditionnel de la politique, un modèle pédagogique (syndicats, référence marxiste, modèle traditionnel de la révolution, etc.) et une mise en ruine de l'autorité pédagogique, de toute les institutions d'autorité et donc en dernière instance, de la politique. En essayant de dynamiter l'injonction selon laquelle il faudrait cesser d'interpréter le monde pour le transformer, Jacques Rancière disait lors d'un entretien, « mais toute interprétation transforme et toute transformation interprète ; une action, c'est une manière de redisposer le champ du pensable, de même qu'une pensée est une manière de redéployer le champ des possibles » (9).</p> <p> Mais cela nécessite de revisiter en profondeur le modèle théorie/pratique au regard de cette coupure entre la théorie/pensée et la pratique/action. Et la question de la congruence devient alors aussi princeps, à partir du moment où les modes de pensée deviennent des modes d'action, où la performance devient une mise en scène de la pensée. Aujourd'hui, ceux qui agissent et qui luttent ont cessé d'être représentés, par ceux qui s'arrogent le droit d'être leur conscience. Mais cela veut dire aussi que s'il n'y a plus de représentation, il n'y a que de l'action, action de théorie, action de pratique dans des rapports de contagion, de relais ou de réseaux, et en face, se trouve un système de pouvoir qui invalide, voire interdit ce discours et ce savoir. Mais par pouvoir, il ne faut pas seulement entendre les instances supérieures de la censure, mais plus insidieusement, ce qui s'inscrit comme allant de soi, dans tout le réseau de la société et de ses organisations, autrement dit l'institué. Qui sont les membres du collectif « Jeudi noir » ? Un reportage de TF1 semble relever que ce sont tous des étudiants de bonnes familles ayant tous fait de longues études, avec « plein de diplômes ». Aussitôt, certains téléspectateurs se demandent s'ils sont vraiment du même côté de la ligne que ces jeunes étudiants qui arrivent à se faire entendre... Ce reportage nous dit en somme que c'est encore une fois un groupe bien identifiable et l'on ne sort toujours pas de ce système des identités. Mais on apprendra finalement, que contrairement à ce qui est dit dans le reportage, Stéphane n'a pas 30 ans, mais quarante ans et que c'est un autodidacte sans diplômes particuliers... On retrouve effectivement beaucoup d'étudiants à « Jeudi noir », contrairement au DAL plus centré sur la question des familles ou à « Macaq », d'orientation plus artistique, mais « Jeudi noir », c'est aussi cet homme, cheminot en retraite, qui divorce et qui se retrouve à la rue : il gagne trop pour obtenir un logement social, de toute façon indisponible, et pas assez pour intéresser une agence immobilière. Le collectif « Jeudi noir », c'est en somme toutes ces personnes qui se retrouvent sans logement. « Jeudi noir » ne désigne rien d'autre qu'un groupe en action, un nom de sujet qui pourrait justement faire signe vers une mise en pièce d'un système des identités.</p> <p> Ayant été ces derniers temps assez médiatisé, on leur reproche d'en profiter. De nombreuses attaques fusent contre le collectif, qui refuse d'héberger tout le monde place des Vosges dans le bâtiment du XVIIème siècle qu'ils occupent aujourd'hui : cela va du SDF qui dort juste devant leur porte, à ce riverain qui va jusqu'à faire un entretien à « Rue 89 » (10) pour exposer la manière dont le collectif n'a pas été en mesure de le loger, quand il est arrivé sur Paris... Et lorsque l'on apprend aussi que le SAMU leur a adressé des personnes sans toît, on se demande ce qu'on attend vraiment d'eux ? Qu'il se substitue à l'Etat ? Comme « Génération précaires », « Macaq », et d'autres, ils ont surtout ouvert une brèche et il s'agit ici bien plutôt de relever un geste, de le relayer, que de leur demander une prise en charge. C'est ce geste que nous voulons retenir, celui de la réappropriation de l'espace public. Et dans ce cas précis, c'est encore plus simple, car comment pourrions-nous être accusés d'association de malfaiteurs lorsqu'il s'agit seulement de faire appliquer la loi ? Comment repérer, par exemple, des logements vides, inoccupés depuis des années ?</p> <p>Il suffit de lever les yeux…</p> <p>(1) Situation relatée dans un reportage de l'émission « 66 minutes » (M6) diffusé le 5 novembre 2008.</p> <p>(2) Collectif Jeudi Noir, <i>Le petit livre noir du logeme</i>nt, Paris, La découverte, 2009, p.73.</p> <p>(3) « Collectif Jeudi noir, Du droit au logement », émission de Zones d'attraction sur Radio libertaire le 27-11-09 présentée par Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck.</p> <p> (4 ) Collectif Jeudi Noir, <i>Le petit livre noir du logement, op.,cit</i>., p.11.</p> <p> (5) « Collectif Jeudi noir, Du droit au logement », émission de Zones d'attraction sur Radio libertaire le 27-11-09, op.cit.</p> <p> (6) Collectif Jeudi Noir, <i>Le petit livre noir du logement, op.,cit</i>.</p> <p> (7) Jacques Derrida, <i>L'université sans condition</i>, Paris, Galilée, 2001.</p> <p> (8) Sur l'hypothèse anarchiste : Charlotte Hess, Luca Paltrinieri, « Orbis tertius 1 », in "Dedans, dehors n°1",<i> Chimères n°70</i>, septembre 2009.</p> <p>(9) « Jacques Rancière, Une révolte logique », émission de Zones d'attraction sur Radio libertaire le 13-11-09 présentée par Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck.</p> <p>(10) Chloé Leprince, « Jeudi noir à Paris : les habitants triés sur le volet » 28/11/09, in Rue 89 : <a href='http://www.rue89.com/2009/11/28/jeudi-noir-a-paris-les-habitants-tries-sur-le-volet-127816' class='spip_out' rel='nofollow'>http://www.rue89.com/2009/11/28/jeu...</a></p></div>