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L’hypothèse communiste

26-06-09 Alain Badiou

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deuxième partie

Pour notre invité, Alain Badiou, le communisme ne peut plus être aujourd’hui le nom d’une doctrine politique ou d’un programme, dont il est le premier à reconnaître la péremption sans retour.  Et pourtant, l’Idée communiste est pour lui la seule qu’une politique digne de ce nom puisse aujourd’hui revendiquer : celle pour laquelle les sujets humains valent mieux que la poursuite et la gestion consensuelle de leurs propres intérêts ; celle pour laquelle ils sont capable de produire du commun, de l’égalité. Par-delà les oppositions historiques entre communismes libertaire et étatisé, le philosophe s’évertue à dégager ce qui constitue l’invariant de l’Idée communiste : car il s’agit en effet pour lui avant tout d’une Idée. Cette Idée, il la dit être une hypothèse, autrement dit elle est le principe, dans une situation particulière, de la distinction entre une perspective d’émancipation et ce qui s’y oppose.

Si nous avons tenu à recevoir Alain Badiou aujourd’hui, c’est parce qu’en France, il est un des seuls philosophes à assigner à la philosophie le devoir de ne pas se résigner face à l’état des choses ; de ne pas désoeuvrer par avance toute communauté. L’autre raison est la positivité que son dernier livre, l’ « Hypothèse communiste », recèle : à l’heure où l’on préfère se positionner en réaction à, où l’on se dit « anti-capitaliste » ou « anti-libérale », proposer la relance de l’hypothèse communiste met l’affirmation au centre du geste critique.  Certes, Alain Badiou ne se revendique pas de la tradition libertaire. Il s’y est même sans doute, par le passé, rigoureusement opposé. Toutefois, il ne cesse de répéter que l’hypothèse communiste doit se pratiquer à distance des partis, de l’Etat et de la grande Histoire, autant d’instances qui ont nourri les usurpations bureaucratiques et policières de l’émancipation. Cette obstination à penser la politique depuis ce que les gens font et pensent, sa fidélité à l’hypothèse de l’émancipation, nous ont donné envie de cheminer avec lui aujourd’hui.