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Zones d’attraction

Pour un nouvel anarchisme

6-01-09 René Schérer

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2ème partie

Y-a-t-il une philosophie anarchiste ?

A cette question, les deux derniers livres de René Scherer semblent répondre par l’affirmative, car c’est bien un matériau philosophique que l’auteur convoque pour composer sa réponse.

Toutefois, s’il y a une philosophie anarchiste, celle-ci ne saurait se confondre avec l’enseignement abrutissant de la doctrine d’un groupe ou d’une chapelle.

"L’anarchie, cette étrange unité qui ne se dit que du multiple" : cette formule de Proudhon, si belle et éclairante, est comme le fil rouge de la réflexion de notre invité.

Elle définit l’anarchie comme insurrection, face à ce qui veut soumettre la polyphonie de l’existence et ses lignes de fuite, face à l’Unité mystifiante de la Souveraineté, du Même, de l’Etat.

Etrange, cette unité qui ne peut se dire que du multiple, du résidu, du fragment ...

Mais unité, tout de même, dans la rigueur toujours répétée de ce geste qui dissout toute transcendance, qui remet toute chose figée dans le mouvement des métamorphoses.

Vivre sans point fixe, sans transcendance, avoir pour sol la croyance au monde : tels pourraient ainsi être répertoriés les préceptes, s’il en est, de la philosophie anarchiste.

Pour René Scherer, les nourritures de cette culture de contingence s’appellent Fourier, Pasolini, Deleuze, Guattari, Foucault. Armée de cette constellation, sa réflexion s’aventure aussi bien sur le terrain des paradoxes de la justice et de l’Etat de droit que sur celui de l’amour et des attractions passionnelles. Cette trajectoire polyphonique, qui oppose l’insurrection des passions à la transcendance de la Loi, nous met sur la route d’une philosophie qui, pour être digne de ce nom, se doit à l’anarchisme : autrement dit, qui se doit à une pensée qui ne se laisse déterminé par rien, sinon par le mouvement de curiosité infini qui la porte vers le monde.