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Zones d’attraction

Le contre terrorisme comme mode de gouvernement

20-01-09 Spéciale Radio libertaire :

écoutez l’emission en mp3

2ème partie...

3ème partie

4ème partie

Annonce : L’inculpation de "terrorisme" a récemment visé des militants politiques, associés par les médias à une soit-disant mouvance "anarcho-autonome" ou "ultra-gauche". L’affaire dite de Tarnac a été l’épisode le plus médiatisé de cette sémantique -très concrète- de la répression. Quelles significations donner à ces événements ? Quels sont les dispositifs légaux qui soutiennent ces inculpations ? Qu’est-ce que cela nous apprend sur la manière dont le pouvoir entend nous gouverner ? Quelles conséquences pour nos libertés ? Faut-il en tirer des leçons concernant les modes de résistance à venir, et si oui, lesquelles ?

Une émission animée par Charlotte Hess et Valentin Schaepelynck (Zones d’attraction), avec Alain Brossat (philosophe, enseignant à Paris 8, auteur, entre autres, de "Pour en finir avec la prison", "Le corps de l’ennemi, Hyperviolence et démocratie", édition La Fabrique), Laurent Bonnelli (enseignant à Paris 10, co-auteur de "La Machine à punir", l’Esprit frappeur, participe à la revue "Culture et conflits"), et David Depas (Syndicat de la magistrature).

Antenne ouverte aux auditeurs.

En 1977, Charlotte Delbo, rescapée d’Auschwitz et de Ravensbrück, écrivit dans le Monde un texte pour exprimer son émotion après le "suicide", entre guillemets, de la Bande à Baader. Elle rappela que c’est en tant que "terroriste" que les brigades spéciales de Vichy étaient venues l’arrêter. Reprenant à son compte ces propos, le sociologue René Lourau écrivit alors de son côté que la violence dont avaient fait preuve Andreas Baader et Ulrike Meinhoff n’étaient intelligibles qu’au regard de l’étouffement de tout désir utopique par la politique instituée.

Trente ans plus tard, en France, c’est du possible retour de ces formes d’action directe que Michèle Alliot-Marie s’inquiète, dans le même journal qui avait autrefois accueilli les paroles courageuses de Charlotte Delbo. Epinglant une prétendue mouvance "anarcho-autonome", la Ministre aligne alors le chiffre de "300" personnes, qui ne sont certes pas toutes acquises à des actions violentes, mais qui "pourraient" basculer sur la base, dit-elle, du dépérissement des partis de gauche.

Ces propos interviennent juste après que neuf personnes aient été placées en garde à vue prolongée pour avoir "endommagé" des cateners SNCF. Ce qui semble avoir justifié ces mesures d’exception : ces personnes ont partagé les principes concrets d’une existence qu’elles ont voulues alternatives, elles ont mené une aventure de pensée commune, matérialisée dans un petit livre, "L’insurrection qui vient", elles n’utilisent pas de téléphone portable et participent à d’étranges réunions. A l’heure actuelle, deux d’entre elles sont encore détenues avec, entre autres chefs d’inculpation, "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste". Le sont toujours également et dans le cadre d’une toute autre affaire, deux militants qui, à proximité d’une manifestation contre le centre de rétention de Vincennes, ont été arrêtées en possession de clous et de fumigène. "Terroristes", eux aussi. Les affaires de la sorte, ces derniers temps, ne manquent pas.

La guerre préventive accroît son champ d’action. Elle est menée par les Etats à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières. Etat d’exception et peine infinie tendent à devenir la règle.

Au cours de cette émission, et au coeur d’une semaine organisée par le comité de soutien aux inculpés de Tarnac, intitulée "Sabotons l’anti-terrorisme", du 15 au 25 janvier, avec activités militantes et festivités pour rester combatifs, nous essaierons collectivement, avec nos invités mais aussi avec les auditeurs de Radio Libertaire, de réfléchir aux effets de ce "contre-terrorisme comme mode de gouvernement" : effets sur nos libertés de vivre, de parler, de lutter.